Une pompe solaire est un équipement de pompage alimenté par l'énergie
solaire. Il faut distinguer deux mondes : les petites pompes d'agrément,
fontaines et cascades de jardin, et le pompage solaire proprement dit, qui
répond à des besoins vitaux.
Le pompage solaire, un usage décisif
Dans les zones à fort ensoleillement disposant de ressources en eau
souterraines, notamment en Afrique sahélienne, le pompage solaire permet
d'alimenter en eau des villages sans accès à l'électricité ni aux combustibles.
Il remplace des groupes électrogènes diesel dont le carburant est coûteux, la
maintenance difficile et l'approvisionnement incertain.
C'est l'une des applications où l'énergie solaire a l'impact le plus direct
et le mieux documenté : accès à l'eau potable, irrigation, abreuvement du
bétail, et réduction du temps consacré à la corvée d'eau, un temps qui pèse
principalement sur les femmes et les enfants.
Le principe du fil du soleil
La particularité de ces installations est qu'elles fonctionnent le plus
souvent sans batteries. Les panneaux alimentent directement la pompe, qui
tourne quand le soleil brille et s'arrête la nuit. L'eau est stockée dans un
réservoir surélevé, qui remplace la batterie.
C'est une idée simple et remarquablement efficace : stocker de l'eau coûte
bien moins cher que stocker de l'électricité, ne se dégrade pas avec les
cycles, et ne demande aucun remplacement au bout de quelques années. C'est ce
qui rend ces installations durables dans des contextes où la maintenance est
difficile.
Les types de pompes
La pompe immergée, descendue dans le forage ou le puits, est la solution la
plus courante pour les grandes profondeurs. La pompe de surface, installée à
côté du point d'eau, convient aux faibles hauteurs d'aspiration, quelques
mètres au maximum, limite physique et non commerciale.
Les technologies diffèrent également : pompe centrifuge, adaptée aux gros
débits et aux faibles hauteurs, ou pompe volumétrique, qui monte haut avec un
débit modeste et démarre sous faible ensoleillement.
Le dimensionnement
Il repose sur trois données. Le besoin quotidien en eau, en mètres cubes.
La hauteur manométrique totale, qui additionne la profondeur du niveau
dynamique de l'eau, la hauteur du réservoir et les pertes de charge dans les
canalisations. Et l'ensoleillement du site au mois le plus défavorable.
Le produit du débit par la hauteur donne l'énergie hydraulique nécessaire, à
laquelle on applique le rendement de la pompe et du variateur pour obtenir la
puissance photovoltaïque à installer.
Deux erreurs reviennent. Dimensionner sur la moyenne annuelle plutôt que sur
le mois le plus défavorable, ce qui conduit à des manques saisonniers. Et
sous-estimer le rabattement de la nappe : le niveau baisse pendant le pompage,
et la hauteur réelle dépasse la profondeur mesurée à l'arrêt.
Les protections indispensables
Une sonde de niveau bas dans le forage, qui coupe la pompe avant qu'elle ne
tourne à sec, c'est la première cause de destruction. Un interrupteur de niveau
haut dans le réservoir, qui évite le débordement. Et une protection contre les
surtensions, les sites isolés étant particulièrement exposés à la foudre.
Au jardin
Les petites pompes solaires d'agrément fonctionnent selon le même principe
en beaucoup plus simple : un panneau, une pompe, et de l'eau qui circule quand
le soleil donne. Elles animent une fontaine, une cascade ou un petit bassin sans
aucun raccordement électrique.
Leurs limites sont à connaître : elles s'arrêtent dès qu'un nuage passe, sauf
sur les modèles à petite batterie tampon, et leur débit est modeste. Pour un
bassin peuplé de poissons, une filtration continue est nécessaire, ce qu'une
pompe au fil du soleil ne garantit pas, il faut alors un modèle avec
accumulateur ou une alimentation secteur.